10 étapes pour sortir du burnout

Vous êtes en burnout. Vous devez vous reposer et ça va aller ! Sauf que… ça ne fonctionne pas toujours. Afin d’éclairer sur l’évolution du burnout, j’ai repris 10 étapes qui me semblent fortement présentes dans le processus de guérison.

1) Le challenge de l’arrêt

J’accueille parfois des personnes qui me disent « ça fait 3 mois que je suis en arrêt et ça ne va toujours pas mieux ! ». J’aime alors reprendre avec eux ce qui s’est passé au cours des 3 mois écoulés. Bien souvent, j’en arrive à leur demander « Mais au fait, où est-ce que vous vous êtes arrêtés dans tout ça ? ». En effet, ce n’est pas parce qu’un médecin met en arrêt que l’on s’arrête vraiment. Les activités jugées obligatoires ne manquent pas (conduire les enfants, entretenir la maison, s’impliquer dans un bénévolat, aider telle ou telle personne…). Les raisons de reprendre le travail sont nombreuses : idéaux concernant l’importance du travail, honte de s’arrêter, culpabilité, impératif dans l’entreprise, image que l’on pourrait donner aux enfants, pression du conjoint, de la famille… Je dis souvent « s’arrêter n’est pas simple. Si ça l’était vous ne seriez pas en burnout ». S’arrêter n’est pas simple mais c’est une nécessité pour franchir la première étape.

S’arrêter ne signifie pas toujours dormir, c’est aussi se reconnecter à ses besoins, ses envies ; Faire la part des choses entre des obligations importantes et des obligations qui le sont moins ; Ecouter son corps ; Réapprendre une autre façon de fonctionner ; Accepter ses limites ; Se faire passer en priorité…

2) Plus mal que bien

L’arrêt a rarement l’effet escompté… Que du contraire, comme un coureur qui ne perçoit seulement à quel point il était fatigué qu’au moment où il s’arrête ; une personne en burnout sentira une perte d’énergie encore plus grande au moment de l’arrêt.

Il arrive donc lors des séances que des clients viennent me voir pour me dire : « Je ne vais vraiment pas bien. C’est même pire ». Je les félicite souvent de venir avec ce ressenti car pour moi, il indique plusieurs choses. D’abord, une personne qui parle d’aller mal commence à prendre conscience des messages que son corps lui envoie. C’est pour moi, le début d’un travail de réconciliation avec le corps. Ensuite, c’est bien souvent la première fois qu’un travailleur en burnout ne parle pas de recommencer le plus tôt possible mais simplement d’un ressenti. La pensée s’est ainsi calmée un moment pour laisser la place aux perceptions. Enfin, exprimer ce ressenti est un signe d’évolution car c’est seulement en acceptant d’écouter à quel point on allait mal qu’il est possible d’entendre le message du burnout.

3) Un retour à soi

Le burnout est aussi un moment de remise en question plus ou moins important. Pour certains travailleurs, cette partie sera peu présente, notamment dans des contextes professionnels très propices au burnout. Pour d’autres, la façon de fonctionner influence fortement l’épuisement (vouloir faire plaisir, dire oui à tout, se mettre une pression pour tout faire parfaitement…). Les histoires passées s’entremêlent parfois au présent. Il me semble important dans ces moments-là de revenir à soi pour remettre de l’ordre dans ses émotions et les vécus qui y sont associés.

4) Les vagues ou les fluctuations d’énergie

Un jour, l’énergie revient ! Et miracle ! Cette part de nous qui veut redémarrer rapidement n’attendait que ça. Il est alors fréquent de voir resurgir des habitudes, des tendances qui nous épuisent. J’entends des travailleurs me dire qu’ils ont recommencé le travail parce qu’ils allaient un peu mieux et qu’il fallait vraiment reprendre vu qu’ils étaient déjà en arrêt depuis 6-7 mois. Nombreux sont ceux qui diront mais depuis mon burnout, je suis constamment plus fatigué. Je n’ai jamais vraiment repris l’énergie que j’avais. A l’arrêt, les clients me rapportent qu’ils ont des hauts et des bas, parfois comme s’ils étaient honteux d’avoir encore des bas.

J’aurais d’abord envie de souligner que ce qui est super, c’est qu’il y a déjà des hauts…. Ensuite, je trouve passionnant d’étudier les moments de bas. Ce qu’on appelle le bas d’une vague, c’est ce moment où le corps nous dit « stop ». Mentionner le fait qu’on a un moment sans, qu’on est fatigué c’est déjà prendre conscience du message du corps. Ce qui n’était pas possible dans le processus conduisant au burnout. Ensuite, s’il a été possible de s’arrêter, c’est aussi écouter son corps et s’adapter à ce qu’il envoie comme message. Enfin, plutôt que de se culpabiliser parce que le corps dit « Stop », il me semble important de comprendre mais pourquoi dit-il « stop » ?  S’intéresser à ce qui a conduit au stop c’est continuer à prendre conscience de son corps, des habitudes malsaines qu’on a.

L’objectif des vagues est d’entendre les causes des descentes, de les anticiper et de progressivement éviter de redescendre jusque dans le bas. Chaque descente a alors un message à faire passer, un signal qui nous indique : « Là ! Il y a encore un point sur lequel tu ne t’es pas respecté ».

5) Le retour à sa relation avec le travail

Je suis sidérée quand je reçois un client en consultation pour son 2e burnout et que quand je lui demande « qu’est-ce qui a fait que vous êtes tombés en burnout la première fois ? », il ne sait pas me répondre. Une fois que l’énergie est revenue et avant d’entamer des démarches de reprises, il me parait essentiel de s’arrêter un instant et de se dire : « Mais au fait ? Comment en suis-je arrivé à m’épuiser ? Est-ce que les conditions d’avant sont toujours présentes ? Est-ce que je dois changer quelque chose en moi, dans mon environnement ? Dans mes relations ? ». Il me semble d’ailleurs assez logique, qu’en ne se posant pas toutes ces questions, on lance un peu un dé en espérant que par chance, le problème ne se reproduise plus. Parfois, ça marche… Parfois, la rechute semble inévitable. A force de reproduire la même chose, il ne faut pas s’étonner au même résultat.

6) La gestion émotionnelle de l’arrêt

L’arrêt est un choc. Ce n’est pas pour rien que les personnes en burnout se souviennent précisément de ce qu’ils faisaient et quand. L’arrêt c’est la réalisation de quelque chose qui était enfoui depuis des années ; le constat que ce n’est plus possible, que l’être humain n’est pas invincible. L’arrêt s’accompagne inévitablement de beaucoup d’émotions : la peur de ce qu’il va se passer, la colère contre soi ou contre les autres, la perte de ses idéaux, la honte, la surprise, le dégoût de soi/des autres… Il arrive que ses émotions se cristallisent et reviennent à des moments qui nous rappellent cette prise de conscience. Revenir sur ce choc et digérer les émotions associées me semblent être une étape parfois nécessaire pour avancer.

7) Un engagement envers soi-même

Finalement, dans le burnout, la première personne que l’on trahit, c’est peut-être soi. On se trahit car on ne parvient plus à suivre, car on prend de mauvaises décisions, car on ne s’écoute plus, car on a laissé passer les autres avant, car on perd le contrôle. Prendre un engagement envers soi-même, c’est donc à mon sens un geste qui vise d’abord à faire la paix, ensuite à trouver un compromis entre chaque partie de soi et enfin à éviter une future rechute.

8) Les entretiens de reprise

Avouez que ce serait dommage après des mois à travailler sur soi de faire une rechute parce qu’on n’a pas pris le temps de stabiliser la reprise… Si vous souhaitez adapter votre façon de travailler, un entretien avec vos responsables me semble nécessaire. Au-delà des attentes de miracles, l’entretien permet d’exprimer ce qu’on veut et ce qu’on ne veut plus et de valider que c’est envisageable sur le court ou le long terme. De même, il m’arrive de conseiller un entretien de reprise avec le cercle familial. Comment redéfinir les tâches, les attentes de la famille au moment de la reprise ? Car reprise n’équivaut pas à « tout va à nouveau bien » mais à un pas en plus sur le chemin d’un rééquilibrage. Cette étape peut s’avérer challengeante pour la personne qui l’entreprend.

9) Le retour au travail

Le moment du retour au travail est une période charnière où il est parfois encore nécessaire de faire le point sur certaines situations professionnelles non anticipées. C’est également le moment où nos travers peuvent à nouveau se manifester. C’est finalement, un test pour valider si ce qu’on a appris pendant l’arrêt peut tenir en ajoutant en plus dans sa vie le travail.

10) Le rééquilibrage

Le comportement (ou l’absence de comportements) des témoins participent parfois autant sinon plus à l’installation du harcèlement. Ainsi, rire à une plaisanterie, propager des rumeurs, isoler une personne, prendre la défense de son collègue, souligner le caractère inapproprié d’une remarque, apporter un soutien émotionnel sont autant d’actes ou d’absence d’actes qui vont favoriser ou empêcher le harcèlement.

Pour aller plus loin : lire aussi : Si le burnout était conté… ; 10 changements sociétaux pouvant expliquer le burnout

Ecrit le 22 octobre 2024
Sens et Company
Magali Jemine

2 commentaires sur « 10 étapes pour sortir du burnout »

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