
A l’heure du toujours plus, mettre ses limites est un enjeu pour améliorer notre santé physique et psychologique. Découvrez comment à travers ces dix clés…
1) S’autoriser à prendre le temps
Nous vivons dans un monde où tout doit aller vite. Ne vous laissez pas avoir par l’idée préconçue qu’il est obligatoire de répondre directement. Dans la plupart des situations, nous pouvons nous accorder 5 minutes de réflexion. S’accorder le temps de réflexion, nous évite de prendre des décisions irréfléchies qui seront souvent basées sur nos habitudes et non pas sur nos intérêts. Ainsi dans les techniques de vente, on fera souvent appel à l’idée que si le client ne se décide pas rapidement, il ne pourra peut-être plus avoir l’objet qu’il convoite. Prendre le temps, c’est également séparer le sentiment d’urgence qu’une autre personne apporte de vos sentiments à vous. Pour information, la plupart du temps, quand il y a une urgence et que vous ne savez pas y répondre dans l’instant, l’autre personne aura vite fait de trouver une solution alternative.
2) Définir des étapes d’apprentissage
Nous n’avons pas appris à conduire une voiture en étant parachuté le premier jour au milieu du périphérique de Paris en pleine heure de pointe. De même nous avons commencé par repérer les syllabes, puis les mots, les phrases simples avant d’avoir dû écrire une dissertation. C’est pareil dans l’apprentissage du non. Si vous souhaitez vous exercer au « non », commencez d’abord par le faire dans des situations plus simples pour vous, puis augmenter la difficulté de l’exercice.
3) Se renseigner
Dans des domaines où nous ne sommes pas compétents, nous pouvons douter du bienfondé de notre position. Cette dernière devient alors difficile à tenir. Ainsi, lorsque vous êtes amenés à vous positionner, pensez à vous renseigner sur vos droits et vos obligations. Ça vous évitera de croire que ce que l’autre vous dit est l’unique vérité existante. Vous saurez alors avec plus de certitude, affirmer votre position car elle reposera sur des éléments concrets.
4) Analyser sa situation
Peu de personnes ne disent jamais « non ». La plupart du temps, nous arrivons à mettre des limites dans certains contextes mais pas dans d’autres. Analyser les moments où vous arrivez à dire non et les moments où vous n’y arrivez pas, vous permettra de cibler avec plus de précision ce qui a déjà fonctionné pour vous et ce qui est bloquant. Vous pourrez ainsi affiner la difficulté à travailler
5) Ne pas confondre amour et maternage
Bien souvent nous n’osons pas dire non car nous pensons que l’autre ne s’en sortira pas sans nous. Nous créons ainsi un cycle de dépendance où l’autre compte de plus en plus sur nous et où nous nous sentons de plus en plus obligés d’aider les autres. Il est donc important de sortir de ce cycle. Il est possible d’aimer et d’accompagner quelqu’un sans faire à la place de cette personne. Dans une relation, une partie de la relation nous appartient et une partie appartient à l’autre. Il est donc important de se dire quelle est ma part ? Quelle est celle des autres ?
6) Distinguer « dire non » et « Etre égoïste »
Souvent, les personnes qui ont difficile de dire non, pensent, à tort qu’elles seront égoïstes. Je dis souvent qu’il y a une différence entre « dire non à tout par plaisir » et « dire non une fois pour respecter nos propres limites ». Entre l’égoïsme et l’hyper-altruisme, il y a un continuum. L’objectif est de trouver le milieu qui vous parait le plus juste pour vous respecter et rester en cohérence avec vos valeurs.
7) Dire non, c’est avant tout savoir dire oui
Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, il existe toujours un oui à quelque chose derrière le non. Rare sont les personnes qui se lèvent le matin, en déclarant vouloir dire non à tout. En général, nous avons souvent une bonne raison de dire non. Lorsque nous hésitons à dire non, c’est parce que nous avons oublié la raison pour la quelle nous devions dire non. Quand je dis « oui » à quelque chose, je dis « non » à quoi ? Si je dis « non » à quelque chose, je dis « oui » à quoi ? En réalité, dire non est avant tout le résultat d’un choix entre deux propositions.
8) Avoir un plan B
Vouloir à tout prix que l’autre accepte notre refus, c’est donner à l’autre un pouvoir sur nous. Il peut en effet décider de notre avenir. Le plan B n’est pas meilleur que le fait d’arriver à un accord mais il permet d’avoir une solution de rechange. Qu’est-ce que je fais si l’autre n’écoute pas mon « non » ? Il devient alors possible de dire « j’aimerais que nous puissions trouver une solution mais si ce n’est pas le cas, je n’ai pas besoin de toi pour arriver à satisfaire mes besoins ». Avoir un plan B, c’est reprendre le contrôle de sa vie.
9)Trouver des compromis.
Entre le « non » et le « oui », il y a une infinité de possibilités. Parfois quand dire non semble trop loin, il est possible choisir un intermédiaire qui sera déjà plus une limite que de dire « oui » directement. Par exemple : oui à condition que tu fasses quelque choses en échange ou non ce n’est pas possible mais quelqu’un d’autre pourra t’aider ; non je ne peux pas tout faire mais je veux bien m’occuper de cette partie ; non ce n’est pas possible maintenant mais dans une semaine je suis d’accord.
10) Rester ferme
Les premières fois où vous direz « non », les personnes de votre entourage ne s’y attendront pas. Elles sauront que vous dites « oui ». Du coup, elles insisteront. Il est donc important quand vous avez décidé de dire non de rester fidèle à votre « non » peu importe la réaction de l’autre. L’objectif dans ce cas est d’apprendre aux autres que dorénavant vous allez mettre des limites. Si vous changez d’avis, le message que vous ferez passer est que de toutes façons, vous finirez par dire « oui ».
Bibliographie:
William Ury (2007). Comment dire non : savoir refuser sans offenser
Christel PetitCollin. S’affirmer et oser dire non
Septembre 2025
Sens et Company
Magali Jemine
Psychologue du travail, dynamicienne de groupe, coach et art-thérapeute
